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Une révolution peut en cacher une autre

La réussite helvétique a ses secrets. L’un d’eux est son système de formation continue et de formation professionnelle. Nombreux sont les pays, notamment en Europe, qui envient ce système profitant aussi bien aux professionnels qu’aux entreprises.

 

L’essentiel est là : la formation continue fonctionne quand elle est utile, quand elle est une valeur ajoutée pour tous. Or, ce début de siècle est crucial pour la formation continue suisse parce que la révolution numérique est en train de transformer profondément les métiers et les pratiques professionnelles. Et si, pour conserver son utilité et continuer à servir les Suisses et leurs entreprises, la formation continue devait, elle aussi, faire sa révolution ?

La transformation des milieux professionnels est inéluctable : des métiers meurent et d’autres naissent tous les jours, les façons de travailler évoluent et changent, nous vivons de plus en plus vieux et sommes actifs de plus en plus tard. Combien de métiers aurons-nous dans une vie ? Serons-nous tous des « slashers »? Bref, si le monde se transforme, pourquoi pas la formation continue ?

Affirmons d’emblée une conviction : nous devons faire la révolution pour que rien ne change. Ce n’est pas une formule ; nous devons changer pour que la formation continue conserve sa pertinence et son utilité pour les professionnels, et puisse encore assurer sa mission principale, à savoir être extrêmement pratique et proche des besoins réels des entreprises. Au moins trois révolutions s’imposent pour suivre l’évolution du marché du travail : la vitesse, la technologie et la spécialisation.

Vitesse. Les pratiques des consommateurs changent vite, les entreprises et les professionnels doivent suivre ce rythme. Or, la formation arrive d’une certaine façon toujours trop tard et il n’est pas rare aujourd’hui d’initier un étudiant à des pratiques qui ne sont déjà plus d’actualité quelques semaines plus tard. Pensez ici à Facebook, qui lance une nouveauté tous les deux mois ! Pour les acteurs de la formation continue, le défi est clair : il faut trouver le bon cap rapidement et être capable de l’adapter en permanence.

Technologie. La plupart des métiers évoluent et de nouvelles professions voient le jour. Les exemples sont multiples et il suffit d’observer les industries de la communication ou des médias pour constater à quel point les entreprises ont besoin de professionnels avec des compétences nouvelles et toujours plus liées aux technologies.

Spécialisation. Elle est une conséquence du développement des technologies et une tendance fondamentale : les entreprises ont besoin de professionnels de plus en plus spécialisés. La formation continue doit logiquement accompagner ce mouvement et participer à accroître des compétences précises et ciblées.

Dans un tel contexte, les acteurs de la formation doivent affûter leurs armes et s’engager dans trois combats essentiels.

Le premier est celui de la proximité avec les entreprises. Pour réussir, nous devons faire de nos campus et de nos classes des lieux ouverts aux entreprises, à leurs problématiques et à leurs interrogations. Il faut absolument travailler avec elles de façon plus étroite.

Le deuxième est la création de parcours de formation continue de plus en plus personnalisés et spécialisés. Chaque étudiant doit pouvoir y trouver « chaussure à son pied ». Certes, je crois à l’importance des diplômes, mais le plus important est que chacun puisse développer les compétences particulières dont il a besoin.

Enfin, le troisième combat dans lequel s’engager est la réforme. Les instituts de formation doivent repenser leur fonctionnement et leur organisation, afin d’être réactifs et capables d’innover sans cesse pour accompagner les transformations du monde.

C’est en menant ces combats que nous réussirons à renouveler la réussite de la formation continue en Suisse. Ce projet enthousiasmant doit naturellement réunir les acteurs de la formation, mais aussi tous les professionnels de chaque secteur. Dans celui de la communication, l’association faîtière Communication Suisse l’a déjà très bien compris. Son Président, M. Filippo Lombardi, souligne qu’elle « s’engage avec tous ses moyens et ressources dans les trois domaines que sont la politique, le droit et la formation professionnelle ». En tant que CEO du Groupe SAWI – qui a toujours été proche des associations professionnelles, lesquelles l’ont d’ailleurs créé il y a maintenant plus de 50 ans –, il était parfaitement naturel que je m’engage dans une telle démarche aux côtés de Communication Suisse.

Avec l’évolution des métiers, qui impliquera de plus en plus la nécessité de se former tout au long de la vie, la formation continue va devenir cruciale dans les années à venir. Soyons prêts !

Signature : Yannick Chevailler, CEO du Groupe SAWI et membre de Communication Suisse

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