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Startups : “N’oubliez pas le marché ?”

INTERVIEW DE GREGORY GRIN, DIRECTEUR DE FRI UP

 

L’intérêt pour les sciences de l’information et de l’innovation, qui a jalonné tout le parcours académique de Grégory Grin, l’a amené dans sa vie professionnelle à contribuer à la commercialisation de services et de produits technologiques. Autant avec Local.ch que pour Smart Living de Swisscom, il a eu tout loisir de d’expérimenter -en tant que CTO et Head of Web Business- toutes les étapes de la vie d’un entrepreneur. De l’étude de marché, au prototypage, en passant par la recherche de financement pour développer la nouvelle unité d’affaires, il a pu tester la nécessité de maîtriser en plus des connaissances réseau, des notions de marketing et de gestion d’entreprise.

Cette expérience, il m’a mise aujourd’hui à la disposition de Fri Up, une association qu’il dirige depuis presque un an et qui a pour but de soutenir et d’accompagner des startups fribourgeoises ou souhaitant s’installer dans ce canton.

Grégory Grin, le terme de start-up est à la mode mais n’est-il pas synonyme de PME ?
Oui, pour autant que ces nouvelles entreprises arrivent à maturation. D’où l’importance de les aider.

Et telle est la nouvelle mission de FriUp ?
En effet, cette association à but non lucratif et de droit privé, financée par la Confédération, l’Etat de Fribourg et des entrepreneurs membres de l’association souhaite dynamiser l’économie de ce canton en aidant à la création d’entreprises et en accompagnant des startups. D’un côté, on cherche à favoriser la diversité des activités présentes dans le canton et de l’autre à permettre l’émergence de projets innovants et de nouveaux services liés au développement des nouvelles technologies

L’aide à l’entreprise n’est jamais neutre. Quelle est la philosophie de votre association ?
Nous pensons que la validation du marché doit intervenir au plus tôt dans le processus de lancement d’un nouveau projet. Fribourg est un endroit idéal pour cela, canton bilingue urbain et campagnard, nous sommes en quelque sorte une Suisse en miniature. Raison pour laquelle nous aidons en premier lieu à trouver des fonds pour la phase d’étude. Une fois cette étape réussie, nous allons conseiller les entreprises et les commerces pour leur lancement et incuber les startups retenues.

Allez-vous jusqu’à accélérer ces dernières ?
Notre rôle est d’être un facilitateur. Nous ne finançons pas directement mais nous accompagnons les startups le temps qu’il faut. Dans la phase de validation, nous sommes des facilitateurs pour l’obtention de prêts à taux zéro notamment auprès de la fondation Seed capital Fribourg. Nous offrons un coaching gratuit pour autant que l’on souhaite son entreprise ou sa start-up sur le canton.

Et comment aidez-vous dans la phase de lancement ?
Grâce à notre réseau d’experts, nous préparons les entrepreneurs dans le développement produit, le recrutement, le marketing et la communication.
Nous les mettons en contact avec des VC ou des investisseurs mais en aucun cas nous ne prenons leur place. Notre mission est de les rendre autonomes et de les soutenir dans le difficile et long processus de création de leur entreprise. Le partage de connaissances, l’émulation et la possibilité de pouvoir compter sur un réseau déjà existant permet d’amener des projets à maturité.

Combien de startups accompagnez-vous actuellement ?
Vingt-deux qui évoluent dans des domaines aussi variés que le Big Data, l’e-commerce, la gestion de connaissances, la Fintech, l’écologie 2.0, les nano particules ou la nutrition.
Toutes ces startups ne sont pas hébergées dans nos locaux. Selon les secteurs d’activité, le coaching à distance peut suffire.

FriUp est hébergé au sein de Blue Factory. Un plus ?
Cette friche industrielle de 60 000 m2 sise sur l’emplacement de la brasserie Cardinal est un parc technologique qui met l’innovation au cœur de la ville de Fribourg. La proximité avec l’université, la HEC et d’autres écoles techniques est essentielle pour assurer un haut niveau de connaissances indispensable au développement de projets à forte valeur technologique. Mais nous devons nous garder de fermer cet espace au seul monde du digital. La transformation de notre société va toucher tous les secteurs et nous devons rassembler et non créer des niches de compétences.

Quel est le profil de l’entrepreneur en 2017 ?
On peut identifier trois groupes. Dans le premier cas, ce sont des personnes en emploi qui ont un projet et qui libèrent du temps pour le lancer. Dans le second, on se trouve face à des équipes pluridisciplinaires qui partagent le même projet. Enfin, le parcours le plus connu est le doctorant qui souhaite concrétiser son projet d’étude. Et à Fribourg, on peut compter sur un potentiel de 13 000 étudiants.

L’arc lémanique s’est spécialisé dans la Fintech et les biotechs. Qu’en est-il à Fribourg ?
On peut citer le secteur de la construction (Smart Living Lab), la Clean Tech, la transformation alimentaire, le bois, les nano particules et les projets sur la santé. Raison pour laquelle FriUp est installé sur trois sites (Blue Factory à Fribourg, Morat et Vaulruz).

Comment s’assurer que l’argent investit restera dans le canton ?
En évaluant le plus correctement les projets. On ne doit pas comprendre le local comme une limite mais comme un tremplin pour pouvoir se développer. Dans un monde qui se globalise l’entrepreneur se doit de trouver son public autour de lui. A l’instar de la Suisse où quelque 300 000 PME réussissent à rester compétitives.

Quel est le « pay back » pour votre travail ?
Si une activité soutenue génère des emplois, notre mission est pleinement réussie.

www.friup.ch

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