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Reconnaissance faciale, pour qui, pourquoi ?

La reconnaissance faciale, outil puissant et précieux de toute bonne série policière américaine qui se respecte, est progressivement en train de devenir une réalité. Pour le meilleur et pour le pire.

 

Aux alentours de 2012, les géants du web ont commencé à réaliser des avancées significatives en matière de « Machine Learning », l’un des composants clef de l’Intelligence Artificielle.
Entre autres sujets, des progrès spectaculaires ont alors pu être engrangés dans le domaine du « Computer Vision » qui consiste en la capacité que peut avoir un système informatique à interpréter ce que contient une photo ou une vidéo.

Aujourd’hui, 5 ans plus tard, Google, Amazon, Microsoft, IBM et d’autres disposent de services de reconnaissance faciale d’une fiabilité plutôt impressionnante… et les mettent à disposition de tous pour un prix plutôt abordable : comptez par exemple 1,5$ pour 1.000 reconnaissances faciales sur le cloud de Microsoft.

Source : Le système de reconnaissance faciale de Microsoft détermine que les deux photos correspondent à une seule et même personne.

Exploration de quelques domaines d’application :

1-La reconnaissance faciale, le nouveau passeport
Récemment popularisé par Apple avec le lancement de l’iPhone X, une des exploitations de la technologie de la reconnaissance faciale est l’identification : montrez-vous à votre iPhone X et il se déverrouillera.
Et si vous faites un achat dans un magasin au moyen d’Apple Pay, un coup d’œil vers votre iPhone X fera office de code secret.
Il est intéressant de noter qu’Apple a ouvert la technologie aux développeurs d’application, c’est ainsi que plusieurs apps bancaires permettent déjà aujourd’hui de déverrouiller leur accès par un scan du visage de l’utilisateur.

Dans le secteur de la Fintech, quelques initiatives visent à utiliser cette technologie pour aller une étape plus loin dans l’automatisation de l’ouverture de compte en demandant à l’utilisateur de prendre une photo de son visage et de son passeport : une lecture automatisée des informations écrites sur le passeport ainsi qu’une vérification automatisée de la correspondance entre l’utilisateur et sa photo de passeport sont alors opérés. Cela n’empêchera pas une vérification par un opérateur humain, la machine n’est pas infaillible, mais cela constitue une belle accélération dans le processus d’ouverture de relation.

Parlant de fiabilité, si vous avez voyagé récemment vers les Etats-Unis, la vérification de votre identité et de votre passeport à l’immigration est maintenant en premier lieu réalisée par une machine sobrement appelée « APC » pour « Automated Passport Control » : vérification du passeport, prise des empreintes digitales et scan de votre visage.

Source : Borne APC pour la vérification de passeport à l’immigration aux Etats-Unis.

2-Comprendre et améliorer l’expérience client
La reconnaissance faciale est également une manière d’améliorer le service offert à votre clientèle : si vous êtes une compagnie aérienne, elle peut vous permettre de faire embarquer plus rapidement vos passagers premium en les reconnaissant automatiquement à la porte.
Si vous avez pour habitude de fournir un service hautement personnalisé en magasin, la reconnaissance faciale peut vous aider à plus rapidement identifier et reconnaître vos meilleurs clients.

Parlant de la reconnaissance faciale en magasin, nous voyons aujourd’hui apparaître des solutions utilisant les caméras de sécurité pour suivre le trajet des consommateurs, étudier leurs réactions face aux produits et déterminer l’impact d’une pression trop ou pas assez importante de la part des vendeurs.


Source : Analyse d’émotions sur les visages des utilisateurs

Disney teste également ces technologies dans des salles de cinéma, leur but : analyser les émotions des spectateurs pendant la projection du film.

Et en allant un pas plus loin encore, Amazon avec son prototype de magasin « Amazon Go » exploite ces technologies de manière extrêmement avancée en proposant un magasin sans caisse, et sans scannette : le magasin « regarde » les clients et comptabilise les achats sur la seule base des images.

3-Des usages qui posent question
A côté de tous les usages légitimes, il y a bien sûr les dérives.

C’est ainsi qu’en Russie, l’application FindFace permet sur base d’une simple photo prise dans la rue de retrouver le profil correspondant sur VKontakte, le Facebook russe. Depuis, certains internautes se sont mis à répertorier au moyen de FindFace les « actrices » de séquences pornographiques pour délivrer sur la place publique leurs informations complètes obtenues sur VKontakte.

Dans certaines villes chinoises, si en tant que piéton vous traversez au rouge, votre visage et certaines de vos informations personnelles se retrouvent instantanément placardés sur un « écran de la honte ».

De ce fait, la question de la légalité de ce type de dispositif par rapport aux différentes lois visant à protéger la vie privée peut se poser.
Retenez à ce sujet ces deux grands principes généraux :

  • Il est autorisé de mettre en place ce type de dispositif, mais uniquement si vous en avez obtenu au préalable le consentement de l’utilisateur, et que celui-ci a été correctement informé de l’usage que vous alliez faire de ses données personnelles – sa photo utilisée dans un algorithme de reconnaissance faciale étant bien entendu une donnée personnelle.
  • Cela est autorisé si vous traitez les données de manière totalement anonyme.

Ne sous-estimez pas la question, au sein de l’Union Européenne, la nouvelle réglementation RGPD qui entrera en vigueur dans le courant de l’année 2018 sera particulièrement attentive à cela.

Signature article : Frédéric Feytons, agence Tapptic

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