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Que ferons-nous le jour où YouTube aura disparu ?

A l’instar d’une boutade ou d’une mauvaise plaisanterie, ce titre – un brin provocateur mais tout à fait légitime – prend tout son sens avec l’actualité en ligne. Force est de constater qu’il est de plus en plus difficile de publier du contenu enregistré là où le « live » prend un essor incroyable, à l’image des internautes chinois passés maitres dans l’art de gagner leur vie en produisant de la vidéo en direct. L’ère du « tout live » prendrait-elle le dessus de l’hébergement traditionnel de vidéo ?

 

Que ce soit la bande sonore, les images utilisées ou même les séquences vidéos elles-mêmes, le contrôle du matériel copyright est de plus en plus sévère. YouTube (prononcez Google) ne déroge pas à la règle et est même très bon élève, avec ses contrôles mis en place depuis très longtemps. Certes ils ne sont pas si infaillibles qu’un bon check « à la main » par un humain, mais force est de constater qu’en plus d’un morceau de musique, les algorithmes de la firme savent aussi « voir » dans vos vidéos ce que vous y mettez. Mais alors, pourquoi les craindre si en plus vous êtes prêt à respecter les droits d’auteur de vos créations, à l’instar de tous ceux qui vont sur Vimeo parce que plus laxiste ? Vous tournez vos images par vos équipes, vous montez et arrangez vos contenus par vos propres soins et pour la bande-son vous achetez de la musique libre de droits en toute légalité. On a pu voir par le passé que, rien que pour l’achat de musique libre de droits, de plus en plus de producteurs de contenus sur YouTube se retrouvent montrés du doigt par Google. S’agissant de simples avertissements, ils ont le don d’énerver quelque peu lesdits producteurs de contenus, qui se retrouve face à de très grosses boites de prod ou chaines de TV qui suivent le même chemin. De quoi se poser la question de l’utilité de tels contrôles.

Héberger de la vidéo a un coût et rémunérer ceux qui en produisent coûte d’autant plus, notamment pour de grosses audiences. YouTube vient de changer les règles et a décidé d’augmenter le plafond à partir duquel le compteur à monnaie s’enclenche. Quelle garantie dès lors existe-t-il pour que le nombre de francs au millier de vues ne baisse pas lui aussi ? Le stockage comme la bande passante pourraient-ils faire totalement tomber la pratique de la rémunération des YouTubeurs ? Et même si la technologie existe, il n’y a toujours pas de véritable stratégie de publicité contextualisée avec les contenus. Une situation de plus en plus exaspérante, tellement le « skip » de la pub est une seconde nature chez les internautes qui se divertissent en ligne. Et ce n’est pas non plus YouTube RED qui viendra au secours de la plateforme. Non, c’est tout le modèle économique qui doit être revu et repensé.

A cela s’ajoute le fait que de plus en plus de contenus se retrouvent bloqués ou interdits de publication, quand ils ne sont pas retirés du service en ligne, parce qu’ils ne respectent pas les conditions générales. Nous allons vers des difficultés grandissantes pour simplement publier du contenu en ligne. Le contrôle a posteriori est de plus en plus strict. Alors où publier ? Sur quel support ? Si de telles contraintes existent, pourquoi insister à publier ici ? Que deviendront vos contenus une fois votre chaine dissoute ou la plateforme entière fermée ? Si vous vous posez la question seulement maintenant, c’est qu’il est trop tard pour préserver votre patrimoine numérique.

L’une des réponses tient peut-être à un conseil donné dès mes débuts dans le digital, un conseil dispensé à beaucoup et qui a le mérite d’être simple à appliquer. Un conseil qui prend tout son sens quand on parle de sécurité : devenez votre propre hébergeur et stockez, partagez et capitalisez, mais surtout faites-le sur un maximum de supports. Pas besoin de revenir sur les déboires de Meerkat, outil de live, qui s’est vu fermer ses facilités de logiciels et autres API par Twitter – Twitter qui a acquis entre temps le très célèbre Periscope, logiciel qui boxe dans la même catégorie. Il y a pléthore de services en ligne sur qui nous comptions et qui ferment, les uns après les autres. Et même si YouTube est géré par Google, rien n’est certain ni pour toujours. Il est temps pour vous de vous poser la question de la valeur de votre patrimoine digital pour lui trouver de véritables solutions de stockage, voire d’archivage.

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