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Nous utiliserons Facebook au travail, officiellement

Encore souvent considéré comme une menace pour la productivité des salariés, Facebook prend le taureau par les cornes et lance (enfin) une version spéciale, uniquement destinée aux entreprises.

 

Pour le moment, Facebook at Work est utilisé en interne dans la société de Mark Zuckerberg et évalué par quelques partenaires situés dans différents pays . Ces derniers sont les seuls à pouvoir utiliser l’app mobile qu’on trouve déjà sur l’App Store d’Apple et le Play Store de Google. Une version web pour desktop est également à leur disposition. Au terme de la phase expérimentale, Facebook at Work devrait être ouvert, dans un premier temps, aux entreprises qui comptent au moins une centaine d’employés.

Le nouveau produit est sous la responsabilité de Lars Rasmussen, transfuge de Google où il avait notamment porté Google Wave, un autre outil collaboratif qui avait finalement été abandonné.

Le principe
Facebook at Work propose la même interface que la version grand public. Seules les couleurs changent afin d’éviter la confusion. Les fonctionnalités sont les mêmes: fil d’actualités, groupes, messagerie, événements. Les seules différences notables sont l’absence de publicités et l’absence des apps.
Mais on parle déjà de nouvelles possibilités qui s’ajouteraient ultérieurement pour améliorer la collaboration, par exemple le partage et l’édition de documents en temps réel.

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Sécurité et confidentialité
On sait peu de choses sur les règles de sécurité et de confidentialité prévues, sinon que l’utilisation de Facebook at Work passe par un profil professionnel totalement indépendant du profil privé que nous avons déjà tous. Cependant, le compte personnel et le compte professionnel peuvent être liés et alimentés en parallèle, mais toujours de façon indépendante. Aucun contenu ne transite de l’un à l’autre, seuls les collègues de la même entreprise peuvent accéder aux contenus professionnels. Inversement, ceux-ci n’ont pas accès aux contenus privés.

C’est toujours l’employeur qui décide de mettre Facebook at Work à la disposition de ses collaborateurs et qui en garde le contrôle.

En ce qui concerne les données des utilisateurs, est-ce que Facebook appliquera les mêmes règles que pour les données privées? La publicité semble exclue pour le moment et Lars Rasmussen assure que les données ne seront pas collectées.

Facebook at Work fait son apparition dans un contexte où de nombreuses entreprises utilisent Facebook dans une optique de promotion, mais en interdisent ou en limitent l’utilisation par leurs employés. Une situation de quasi schizophrénie à laquelle Facebook at Work pourrait remédier. Puisqu’il s’agit d’un environnement fermé, certaines entreprises le préféreront peut-être à une utilisation « sauvage » de Facebook (certaines équipes de membres du personnel improvisent des groupes Facebook pour faciliter la collaboration) et le risque de fuite de données internes.

Opportunités
Certes, Facebook arrive tardivement sur le terrain des réseaux sociaux d’entreprise (RSE), mais il pourrait rapidement refaire son retard. En effet, la majorité des internautes connaissent déjà Facebook par coeur et son utilisation à titre privé est devenue routinière. Ils ont l’habitude de l’interface, un avantage indéniable quand on sait les efforts consentis par les concurrents pour s’en approcher le plus possible et faciliter l’adoption.

D’un autre côté, certains utilisateurs préfèrent une distinction nette entre vie privé et vie professionnelle. Retrouver les deux au sein du même outil (en apparence) pourrait les rebuter.

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Du coté des employeurs, certains verront sans doute d’un bon oeil l’arrivée d’un RSE dont la courbe d’apprentissage est réduite au minimum, ce qui est loin d’être le cas pour les autres plateformes. Le coût global pourrait également représenter un paramètre important même si Facebook n’a encore rien communiqué sur le prix d’un tel service. L’enjeu est de taille quand on considère les 344 milliards de dollars que les entreprises devraient dépenser cette année en logiciels, selon Gartner . Rien qu’une petite part de ce gâteau aurait un impact important sur les revenus de Facebook qui reposent aujourd’hui essentiellement sur la publicité.

Concurrents
Il ne fait pas de doute que les leaders sur ce marché ont désormais tous le radar pointé sur Facebook. On pense notamment à Microsoft (Yammer), IBM (Connections), Google (Apps for Business), Salesforce (Chatter), VMWare (Socialcast) sans oublier LinkedIn mais également Slack, le petit nouveau qui monte. Ils auront fort à faire si Facebook at Work est déployé à large échelle.

D’ailleurs, la réaction de LinkedIn ne s’est pas fait attendre: selon le site Re/code , deux nouveautés majeures devraient être lancées prochainement. On pourra bientôt envoyer un message privé via LinkedIn InMail à ses collègues, même sans être connecté. LinkedIn devrait également encourager les salariés à donner leurs informations de contact, accessibles exclusivement par ceux qui font partie de la même entreprise. Autre nouveauté bientôt déployée: la possibilité de partager du contenu avec un groupe d’utilisateurs. Il pourrait s’agir de collègues ou de contacts professionnels. Il semble que le réseau social s’oriente davantage vers la communication interne, en encourageant les salariés à l’utiliser, non pas seulement lorsqu’ils cherchent un nouveau job mais pour communiquer entre eux et échanger des documents. Une application mobile dédiée devrait voir le jour également.

La bataille pour l’entreprise s’annonce passionnante.

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