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Les dangers de la gratuité

Certaines idées reçues ont la peau dure – notamment celle que les acteurs de la com adorent bosser gratuitement. Le bénévolat ne passera pas par moi, peuchère !

 

Sur mon site, je donne de nombreux conseils gratuits de communication et de rédaction, sous la forme d’articles et de tutoriels.
Bien que j’éprouve un immense plaisir à tapoter sur mon clavier, je ne partage pas mes connaissances par philanthropie ou narcissisme. J’écris avant tout dans le but de générer du trafic et de conquérir de nouveaux clients.
De même, quand j’offre l’audit gratuit d’un contenu ou propose un échantillon rédactionnel de quelques phrases à certaines PME, ce n’est pas par grandeur d’âme : le geste est calculé. Purement commercial.
Exactement comme quand Cailler adresse une plaque de chocolat à tous les citoyens du pays ou quand une charmante hôtesse vous asperge de fragrances d’un nouveau parfum : on donne un peu dans l’espoir de recevoir beaucoup.

Beaucoup donner pour peu recevoir
D’ailleurs, le modèle économique du web, fruit d’un monde globalisé de plus en plus concurrentiel, exige que vous donniez, donniez et donniez encore avant même de songer à récolter les fruits de votre générosité.
Le problème avec le gratuit, c’est que certains entrepreneurs perdent toute notion de réalité : ils se persuadent que je vais bondir de joie et frôler l’orgasme à l’idée de recevoir une requête me demandant de créer un slogan à l’œil, d’élaborer une stratégie de com bénévolement, de rédiger un texte pour des clous ou de produire des idées pour que dalle.
J’en veux pour preuve une conversation récente : « Pourriez-vous nous aider et penser vite fait à quelques pistes pour un nouveau nom d’entreprise ? » Au bout du fil, donc, un CEO d’une boîte de la place, active dans le négoce international et certainement pas à plaindre côté finances. Venant de la part du gérant d’un kiosque du Gros-de-Vaud, obligé de compter le moindre sou pour boucler les fins de mois, je comprendrais. Mais là, franchement…
J’en profite pour ouvrir une petite parenthèse : la création n’a rien à voir avec un distributeur automatique. Il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton, quelque part entre le lobe pariétal et l’aire de Broca, pour obtenir instantanément des idées à profusion ! Parenthèse refermée.
Le pire, c’est que je reçois ce genre de demandes plusieurs fois par semaine. De partout. Mais surtout du continent africain. Cela dit sans aucune volonté de stigmatiser.
Merci, donc, la nouvelle économie du web !

Échange de mauvais procédés
J’ai beau signaler en chiffres gras mon tarif pour une heure de consulting dans mon formulaire de contact, certains continuent à croire qu’ils possèdent un charme si irrésistible que je vais craquer et leur fournir des prestations sans aucune contrepartie.
De petits malins promettent une tonne de mandats s’ils se montrent satisfaits d’un premier essai gratuit ou proposent un échange de visibilité sur leur magnifique site e-commerce de sabots en bois, construit en flash au début des années 2000 et non-responsive. D’autres rois des bonnes combines tentent de négocier un logo sur la vitrine de leur boucherie-charcuterie ou une mention au bas d’un flyer distribué en EMS à vingt-huit exemplaires.
Ce genre de proposition m’excite autant que d’échanger ma pâtisserie quotidienne bourrée de sucre et d’huile de palme contre une cure de jus détox.
Auriez-vous l’idée, vous, de demander à un chirurgien plastique de poser des implants mammaires sur votre femme en guise de test ? À un architecte de dessiner les plans de votre villa gracieusement et « vite fait » ? À un coiffeur de vous couper les cheveux contre de la visibilité sur la poussette de votre nouveau-né ?
Le troc, passe encore, pour autant que la contre-prestation soit à la hauteur. Mais bosser gratuitement, peuchère !
Certes, le problème n’est pas nouveau et je ne suis pas le seul à m’en plaindre. Les agences de com ne sont-elles pas contraintes de participer à des pitches dans l’espoir de décrocher du job ? Pour un retour sur investissement souvent bien maigre, voire un défraiement en cacahuètes.
Et qu’en est-il des plateformes de freelances, où il est possible de mettre en concurrence des centaines de créatifs pour un logo ou un slogan et de rémunérer uniquement le vainqueur ?

L’abbé Pierre de la plume
Une idée ne coûte rien à produire, certes, mais ce n’est pas une raison pour la partager gratuitement.
J’aimerais bien être l’abbé Pierre de la plume, la mère Teresa de la com ou l’ONG de la création publicitaire, mais j’ai – comme tout le monde – des factures à la fin du mois. Et même au milieu, hélas !
Du coup, je réponds désormais aux demandes incongrues par la formule suivante : travailler gratuitement, d’accord, mais à condition d’être payé.

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