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Atelier JECA : Voltige à Genève depuis 70 ans

Créé il y a bientôt 70 ans, l’Atelier JECA conçoit et installe les fameux panneaux Trapèzes en Ville de Genève. Sise à la frontière du vieux Carouge et de la zone industrielle des Acacias, au bord de l’Arve, l’entreprise familiale compte bien préserver son savoir-faire tout en s’adaptant aux demandes des clients. Rencontre avec Catherine Vaucher-Cattin, fille du fondateur Jean Cattin, qui nous parle transmission et artisanat.

 

Dans notre enfance, le trapèze nous renvoyait tantôt aux cauchemars des cours de géométrie, tantôt à la féerie du cirque et de ses numéros de haute-voltige. Dans le monde de l’affichage, le trapèze renvoie davantage à une particularité genevoise : le panneau Trapèze, signature de l’Atelier JECA qui orne tous les grands axes de la ville. « L’atelier voit le jour en 1949 et très vite, mon père a commencé à réaliser des panneaux Trapèzes » se rappelle Catherine Vaucher-Cattin, actuelle directrice de l’Atelier. « A l’époque, nous étions appelés peintres en lettres et absolument tout était réalisé à la main. Aujourd’hui, nous sommes des réalisateurs publicitaires devant maîtriser les nouvelles technologies. Notre activité consiste à donner vie à ce que les graphistes imaginent et créent. Nous sommes actifs dans tout ce qui touche à la lettre, au sens large du terme. » Pochoirs, pose d’autocollants sur tous supports et signalétique font donc partie de la gamme d’activités de l’entreprise, auxquelles se sont ajoutées les décors de cinéma, la signalisation et le marquage routier en 2000, lorsque Catherine Vaucher-Cattin reprend les rênes de la société et rachète la maison Veuillet pour s’installer dans ses locaux au bord de l’Arve. « L’entreprise comptait 5 employés à la reprise. Nous sommes aujourd’hui 15 personnes », se réjouit la directrice.

Une filiation complémentaire
Depuis 2009, ce sont les enfants de Catherine Vaucher-Cattin, Gregory et Tatiana, qui s’attellent à la tâche afin de continuer une aventure familiale débutée bien avant leur naissance. Si son fils est davantage à l’aise avec l’administration et le suivi de chantier, « l’essence même de l’entreprise » selon la directrice, sa fille apporte de la complémentarité, puisque son arrivée a permis d’ajouter une nouvelle corde à l’arc de l’Atelier JECA avec la création d’un secteur graphisme, nommé JECA GRAPH. « Cela permet d’offrir un produit complet et un certain confort en évitant de multiples interlocuteurs à nos clients ». Des clients qui proviennent de secteurs très différents : aussi bien des PME ou des petits commerces, des architectes, des écoles, des régies immobilières ou le CICR et les CFF pour des mandats variés, que les musées, galeries ou théâtres de la Ville de Genève pour les panneaux Trapèzes. S’il représente environ un tiers de son chiffre d’affaire et qu’il a permis d’inscrire définitivement l’atelier JECA dans le paysage genevois, le secteur des panneaux Trapèzes est très réglementé : « Hormis deux périodes de tolérance où les messages commerciaux sont autorisés, lors du SIHH et des Fêtes de Genève, le panneau Trapèze est uniquement destiné aux événements culturels » (voir encart). Pour cette raison, l’atelier JECA a inventé le Mini-Trapèze, format miniature transportable idéal pour la devanture des petits commerces en l’apposant au mur, ou sur support pour remplacer le kakémono avec élégance à l’occasion de conférences ou de salons ; ce dernier peut être imprimé en numérique ou en sérigraphie, à choix.

Savoir-faire artisanal à préserver
Le panneau Trapèze est un panneau peint sérigraphié et sa réalisation dépend du travail minutieux et du savoir-faire des artisans expérimentés de l’Atelier. Pour obtenir une qualité à la hauteur des attentes, une parfaite maîtrise de la technique est indispensable. Ni imprimantes, ni ordinateurs ne pourront jamais les remplacer. « Cela ne veut pas dire que nous sommes hermétiques à la nouveauté. Nous intégrons, bien sûr, le digital depuis de nombreuses années dans nos projets : toutes les maquettes passent par l’ordinateur. Mais même si le métier a beaucoup changé, il est important de préserver ce savoir-faire, d’où l’importance de la formation », précise Catherine Vaucher-Cattin. Pour la directrice, l’humain est au centre de toutes leurs activités. Il s’agit de mettre en avant les compétences des employés. Au vu des nombreux secteurs d’activité de l’entreprise, ils se doivent d’être polyvalents et capables de donner un coup de main à n’importe quelle étape de la production. Cela permet aussi d’assurer une certaine diversité des tâches et une ambiance des plus conviviale. « Le sérigraphe en charge des trapèzes est employé chez nous depuis plus d’une trentaine d’année. Davantage que des meubles, il fait partie de la famille maintenant », plaisante Gregory Vaucher avec sa mère…
Blague à part, c’est bien là toute l’identité de l’entreprise, familiale au-delà du lien de parenté qui unit actuelle, ancienne et future direction. Car Catherine Vaucher-Cattin pense aujourd’hui à ralentir pour laisser la place à ses enfants. Mais avant cela, elle compte bien encore trouver d’autres pistes pour faire évoluer l’Atelier. « Il est difficile pour une société de 70 ans de continuer à allier un côté tradition à un côté jeune et dynamique. Nous ne sommes jamais à l’abri d’une baisse. » L’idée d’une antenne hors des frontières cantonales est évoquée, « peut-être en Valais… ». Mais l’essentiel pour la directrice est bien de voir perdurer une image d’un travail de grande qualité, réactif au besoin, ce qui leur a donné « la chance d’avoir une clientèle fidèle depuis de nombreuses années ».

Le panneau trapèze, la signature Jeca

Le panneau Trapèze est une particularité du paysage genevois. Recto-verso, il est destiné uniquement aux événements culturels, hors périodes de tolérance ; ce format a fait la part belle à presque tous les musées, théâtres et galeries de la ville. Le Trapèze a la particularité d’être réalisé par un procédé entièrement manuel appelé sérigraphie. Cette technique peut demander jusqu’à 30 passages par face pour une réalisation dite « complexe ». Peints sur une toile tendue sur un châssis, ces panneaux font 2,5 mètres de haut et ornent les candélabres électriques des grands axes pour une visibilité imbattable. L’Atelier s’occupant également de l’installation, chaque candélabre est muni d’un système de fixation agréé, conçu de sorte que les panneaux puissent tourner avec le vent en cas de bourrasques pour une sécurité optimale. Catherine Vaucher-Cattin n’hésite pas à parler de produit de luxe, puisque toutes les retouches sont réalisées sur mesure et à la main, à la manière des grands couturiers, « ce qui n’est pas possible avec de l’impression numérique ». Deux sociétés proposent actuellement ce format en Ville de Genève, et JECA bénéficie d’un vaste réseau routier en ville et sur les extérieurs. Reste à savoir pourquoi ce format n’a-t-il pu s’exporter sous d’autres cieux ? La directrice explique être régulièrement confrontée aux difficultés de l’administration, en plus des deux géants nationaux de l’affichage… Le panneau s’est bien installé sous un autre format durant quelques années en Ville de Neuchâtel, avant d’être retiré. A l’heure du Display Out Of Home et de l’affichage digital, la directrice ne s’inquiète pourtant pas, observant un trend « où les gens reviennent aux produits plus authentiques et élégants ».

    

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