Les agences belges disent "non" aux pitches
14 agences belges ont « débrayé » leurs sites et mis un manifeste anti-pitches à la place.
Les raisons de cette protestation sont les suivantes :
1) trop d’agences (jusqu’à parfois 10) sont invitées à concourir et pour les départager deux à trois tours sont désormais nécessaires.
2) un pitch pour une campagne nationale peut coûter à l’agence participante jusqu’à 80’000 euros (production et travail compris).
Résultat l’énergie qu’une agence doit consacrer à ses clients est dévolu à ses potentiels mandants. Ce n’est donc pas uniquement une affaire qui concerne les agences. « Demander de participer à un pitch n’a rien à voir avec un briefing. Un pitch ne doit satisfaire que l’annonceur et non le client final », s’indignent ces agences. Et de conclure : « il n’est pas trop tard pour changer les comportements de notre industrie. »
Qu’en pensent les agences romandes ? La contexte n’est-il pas identique ? N’hésitez pas à laissez vos commentaires.
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Fabien a dit le 9 février 2010 à 20:03
Ici c’est la même chose!! En plus les bugets sont vraiment à la baisse….. Vive le capitalism…
Patrick a dit le 10 février 2010 à 9:28
Bravo les belges!
Les briefing de pitch sont de plus en plus mauvais et lacunaires. Certains clients pensent compenser leurs lacunes en faisant travailler les agences à leur place. Finalement ils n’arrivent même pas à se décider parmi les choix des stratégies proposées.
Initiative à méditer!
Matthieu a dit le 11 février 2010 à 9:48
Nous on le pratique le no-pitch depuis longtemps, c’est une insulte à notre métier que de vouloir nous faire travailler gratuitement…
Même si on va pour la première fois dans un restaurant, on ne consomme pas l’entrée gratuitement pour pouvoir décider si l’on mange les autres plats ensuite, non…?
Aline a dit le 11 février 2010 à 17:10
Ce qui est sûr, c’est qu’il appartient au moins aux agences membres du BSW de refuser. En ce qui concerne les autres, si elles acceptent de travailler gratuitement en étant mise en concurrence contre 10 autres agences, il s’agit de leur responsabilité. Je regrette que certains annonceurs aient ce genre de pratiques, mais tant qu’ils trouveront des structures pour accepter de telles conditions… Ce qui montre bien le pouvoir de ces annonceurs-là, c’est quand ils en arrivent même à faire des pitchs pour une PLV. J’entends les patrons d’agence se plaindre… les mêmes qui ont participé. La cohérence vaut mieux que la révolution. Et peut-être l’intégration du fait que si personne n’acceptait, il n’y aura pas de concours de ce type. Aux agences de se serrer les coudes, pour une fois, et de faire front commun.
admin a dit le 11 février 2010 à 17:20
Tu as raison Aline, il faut toujours d’abord balayer devant sa porte. Mais le contexte économique pousse les agences (surtout les dernières arrivées) a accepter l’inacceptable. J’ai même au l’écho d’agences qui acceptent des pitches seulement pour recevoir le défraiement (lorsqu’il existe).
La coupe est pleine de partout. L »affaire » belge a au moins le mérite de pousser les agences et les annonceurs à réfléchir à cette situation. Cela fait trop longtemps que tous ces griefs sont du registre du « off ». Il est temps de secouer le tapis…
Aline a dit le 11 février 2010 à 18:07
Il n’empêche que sur un pitch non rémunéré, il y a une agence gagnante et X perdantes. Je pense que les agences, justement parce que les temps sont durs, doivent se mettre dans un contexte où elles perdent le moins possible. Secouons…
eric a dit le 15 février 2010 à 10:33
C’est simplement dommage que seules 14 agences (dont les plus grandes) aient pris cette initiative. Car le vrai problème se situe chez les entreprises plus petites qui sont souvent plus fragiles et plus dépendantes de new business national. Mais bravo quand-même à nos amis belges.
marc a dit le 15 février 2010 à 15:27
Le concours d’agence – sainement organisé – reste le meilleur moyen de démarrer une relation de travail fructueuse entre un annonceur et son agence. Un concours gagné donne de l’autorité et de la légitimité à une agence, il permet – la plupart du temps mais pas toujours – 1) d’identifier la stratégie de communication et sa traduction créative, et 2) de définir et clarifier le cadre commercial et budgétaire de la relation de travail.
MAIS… dans 9 cas sur 10, les concours ne sont pas régis par des normes, l’annonceur impose les siennes, voire ses contraintes tactiques du moment: brief hésitant, critères d’acquisition flous, éthique molle et pas seulement en terme de dédommagement!….Les règles existent pourtant, celle du BSW mais aussi celle de l’association française des agences http://www.aacc.fr/pages/page.php?page=25, ou encore l’association US: http://www2.aaaa.org (section Agency Search), voire canadienne: http://www.aapq.ca/media/pdf/Selection_agence-AAPQ-F.pdf.
Ces pays développent un cadre réglementaire certes un peu trop développé mais l’essence y est. La question devient alors: Publicité Romande, notre association nouvellement dynamisée, ne pourrait-elle pas s’y pencher…? et gagner encore plus de crédibilité…?!?