Filles de pub
Petit retour dans le passé pour commencer cette rubrique. Ouvrez vos agendas à la page du 8 mars dernier, où (en tout cas sur le mien) figure un événement au moins aussi important que ce bon vieux premier août et ses feux de rabat-joie. Je veux parler de la Journée Internationale de la Femme. Curieusement, cette date qui déclenche chaque année une immense rame-dame médiatique passe complètement inaperçue dans les agences de pub… L’explication est toute simple: dans notre remarquable corporation, qui a en permanence dix longueurs d’avance sur la tendance, la Journée Internationale de la Femme c’est TOUS LES JOURS ! Il faut se rendre à l’évidence, voilà déjà longtemps que le sexe dit faible a pris le pouvoir dans nos agences. Et il n’est pas si lointain le temps où il ne restera aux mâles que LE pub, après la conquête totale de LA pub par une armada de nanas. Aujourd’hui, mes frères de la com, nous sommes encore heureusement utiles à cette tribu d’amazones créatives et commerciales, mais pour combien de saisons encore ? En attendant, elles ne ratent pas une occasion de nous rabaisser et nous infliger toutes sortes de tourments. Si vous en doutiez encore, les exemples qui vont suivre devraient vous faire réfléchir à ce péril rose. Je suis prêt à parier ma chemise que vous avez déjà ce genre de harpies dans vos murs…
La larmoyante. A toute saigneuse, toute honneur, voici la plus ancienne tactique pour nous faire perdre tous nos moyens d’abord, et tout notre pouvoir ensuite. La larmoyante use et abuse de ses capacités au débordement oculaire pour manipuler ses collègues masculins. D’abord, elle se débrouille pour arriver toujours au dernier moment avec un brief impossible ou un problème énorme à résoudre en 24 heures chrono. L’œil est déjà humide, la voix subtilement tremblante. Comme c’est pas marqué Jack Bauer ici, la plupart des mecs ont pour première réaction de l’envoyer balader. Erreur fatale, car voici que les vannes s’ouvrent et de grosses larmes commencent à ruisseler sur les joues blushées, de préférence lorsqu’il y a plein de monde dans les parages immédiats. Le Neinsager passe alors aussitôt pour un immonde macho tortionnaire et n’a pas d’autre alternative que de revenir sur son refus avec un pitoyable borborygme d’excuses. Dans les 30 secondes suivantes, séchage de larmes et sourire fourbe garantis.
La tueuse. Ce genre de Walkyrie se distingue souvent par son gabarit imposant, au moins 1 mètre 80 et pointure 41… Elle entre en réunion comme une vachette landaise dans les arènes de Nîmes et gare à qui ose lui faire front. Pulvérisation assurée. Elle assène ses arguments à coups de massue et impossible de ne pas se plier à ses volontés. Côté agence, on la trouve généralement dans le camp commercial, terreur des créatifs quand elle ordonne ses changements sur les story-boards avec un ton à la Dark Vador. Côté client, elle traîne souvent dans son bruyant sillage une troupe d’homoncules acquiesçant d’un air soumis à ses tonnantes affirmations. La plus célèbre d’entre toutes se trouve du côté de Vevey, connue sous le patronyme de l’Orque qui, comme chacun sait, est l’autre nom de la baleine tueuse.
Je vous décrirais encore volontiers deux autres viragos mais je vais me faire foudroyer par ma cheffffffe si je dépasse la place qui m’est allouée. Patience jusqu’au mois prochain. Je me ferai alors un plaisir de vous présenter “la canon” et, ma préférée, “la chienne de garde”.

Le créatif masqué a dit, le 11 mai 2006 :
Aïe, aïe, aïe… j’ai touché la pointe sensible, la sujette taboute. J’ai osé exprimer tout haut ce que les ch’tits gars pensent toutou bas: usant et abusant des coups les plus perfides, les femmes sont en train de prendre tous les pouvoirs dans la pub. Ma raide actrice en chefffffffffe me l’avait pourtant bien dit: «Ne t’aventure pas sur ce terrain minette, tu vas y laisser tes nouilles». Effectivement, d’après les premiers échos qui sont arrivés à mes oreilles, il y en a pas mal qui aimeraient bien voir la tête de l’immonde macho auteur de ces lignes naturalisée dans un bocal [...]
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eric GARNIER a dit, le 12 mai 2006 :
as tu déjà rencontré la Napoléonienne ??? Un croisement entre la mère Duvallier et la mère Causescu. Pas moche, mais franchement pas belle et piquante comme le couscous du fameux restaurant l’étoile d’Agadir à Barbes. Seul l’autoctone peut la regarder en face. Elle crie plus … elle aboie. Elle fume pas, elle ordonne. Elle distribue pas, elle ventille. Elle mange pas , elle engloutit…Ses briefs sont aussi fameux que le vieux rhum de la mère taillefer à Gosier (guadeloupe)..pour qui aime l’exotisme. Non jamais croisé. Que dieu te garde créatif masqué. Evite cette espèce de barbouzarde pour qui seul l’atteinte de l’objectif trimestriel est son kamasutra . Fuit la comme la peste. A l’impossible nul n’est tenu …et pour ce qu’on nous paye…