Luniv : Les vertus du « Out of the Box »

Luniv est une jeune agence établie depuis fin 2009 à Champlan, sur les hauts de Sion, épate par son dynamisme. Et ce, loin à la ronde.

On entend souvent des bureaux créatifs revendiquer une approche 360 degrés. Le plus souvent, ils s’appuient en fait sur une série de prestataires externes. Rien de tel chez Luniv. À ses débuts, l’agence s’est concentrée sur les produits et services liés à Internet. La dimension communication est intervenue plus tard. De même, les autres prestations ont été introduites au fur et à mesure et en fonction des besoins des clients. L’agence valaisanne revendique désormais un à deux spécialistes maison par domaine d’activité (soit neuf collaborateurs au total en ce moment) et le recours à un large parc de machines (40’000 francs viennent d’être investis pour des appareils de finition et de reliure). Du print à la signalétique, en passant par la création de sites web, Grégory Liand et son associée Isabelle Maury sont de vrais global players. À l’usage, leurs clients ont donc réellement un seul interlocuteur avec qui traiter. Pour se faire connaître, ils misent sur le bouche à oreille et sur la création de concepts promotionnels originaux. Ce parti pris leur amène dans les faits 70 à 80% des nouveaux mandats de manière organique. Outre quelques grands noms, comme Raiffeisen ou La Bâloise, ils ont adopté cette approche pour attirer dans leur giron les PME qui composent l’essentiel du tissu économique romand. Leur site d’implantation pourrait quant à lui surprendre. «Nous avons débuté dans un garage à Savièse, mais ces locaux étaient devenus trop exigus. Nous avons par conséquent défini un cahier des charges en fonction de nos besoins effectifs. Comme nous faisons passablement de signalétique et d’habillage grand format, nous avons opté pour un endroit spacieux. En plus, il est facile d’expliquer à nos clients quel itinéraire emprunter pour rejoindre Champlan depuis la sortie de l’autoroute », assure Grégory Liand.

On retrouve dans les travaux de Luniv certaines caractéristiques récurrentes qui sont illustrées ci-après au travers de deux mandats emblématiques:

La réactivité : Tissot
À l’occasion du premier août, Tissot souhaitait habiller ses vitrines à l’aide de visuels autocollants. Au total, il fallait traiter 130 vitrines disséminées dans toute la Suisse, en deux phases à un mois d’intervalle. À chaque fois, l’opération devait prendre 48 heures au maximum. Il aura suffi d’un week-end à Luniv pour établir un plan d’action et proposer un chiffrage de l’opération. En mobilisant l’ensemble de ses collaborateurs et connaissances, plus quelques extras engagés chez Manpower, l’agence a réussi à relever un défi que beaucoup d’autres auraient estimé insurmontable. Leur modus operandi a consisté à organiser des binômes dont il suffisait qu’un seul des membres connaisse les techniques de pose. Puis, le pays a été divisé en zones à couvrir. Il ne restait plus qu’à mettre en application ce processus quasi militaire. Différents problèmes sont toutefois apparus. Une majorité des horlogeries à décorer étaient par exemple fermées le lundi, soit le jour prévu pour l’installation. « Sept ou huit de ces vitrines avaient en plus été vandalisées durant le week-end », se souvient Grégory Liand. Dans l’urgence absolue, les itinéraires ont été refaits en conséquence. Pour les Grisons, les distances à parcourir étaient si importantes qu’un hélicoptère a été affrété. Les deux associés sont eux-mêmes intervenus dans 18 horlogeries. « Il ne restait plus qu’un informaticien au bureau. Nous avons cependant tenu à faire un cadeau à notre client : nous avons fait parvenir une carte interactive de type « work live » à la responsable de la communication de Tissot, qui, grâce à cela, a pu suivre en temps réel l’avancée de la pose des habillages », ajoute Grégory Liand.

La créativité : le passeport valaisan
En Valais, la Lex Weber portant sur la limitation des résidences secondaires a provoqué un tollé. Fin 2012, la menace de l’adoption de la LAT a motivé Grégory Liand et un de ses amis à lancer un passeport valaisan. Face à la psychose ambiante, cet acte de résistance s’est voulu non dénué d’humour. « Nous avons eu cette idée, assez délirante a priori, après un souper durant lequel j’avoue que nous avions bu quelques verres. Nous avons finalisé l’opération en six jours, site web compris », commente Grégory Liand. Prévu à l’origine pour être gratuit, le document d’identité factice a dû adopter en définitive un mode payant, les coûts de production étant trop élevés. Le principe de base consistait à proposer aux détenteurs de ce passeport de devenir copropriétaires d’une vache d’Hérens et de recevoir un cep de vigne. À sa sortie, le sésame a été remis à des personnalités valaisannes. Il aura suffi que Léonard Gianadda, le directeur de la fondation éponyme de Martigny, passe dans les médias pour que l’engouement se développe à la vitesse de l’éclair. L’agence a reçu très vite un CV de Saint-Gall, puis d’autres de toute la Suisse. En l’espace de quatre jours, la barre des 2.000 demandes fut dépassée — pour atteindre 4.600 le premier mois. Depuis, des initiatives dues à des partenaires se sont greffées sur le projet initial. À chaque fois, une exigence d’originalité leur a toutefois été posée. Il ne s’agit pas d’accorder 10% de rabais sur un carton de vin. Un combat de reines a par exemple eu lieu en avril à Grimisuat. Les détenteurs du passeport se sont vu offrir l’apéritif. Une attention que Roger Moore, lui-même possesseur d’un exemplaire du document, a saluée avec enthousiasme. Désormais, l’ouverture de plusieurs « ambassades » (en fait, des restarants) est programmée, dont certaines en Belgique et au Brésil.

Des concepts de ce type, Luniv en a encore plusieurs dans ses tiroirs. Elle est notamment en train de mettre au point une application pour mobiles sur laquelle les citations des personnalités suisses en vue seront reprises et cataloguées par genres (« Rien à cirer », « Culotté », etc.). Les journalistes pourront aller y repêcher les bons mots prononcés au jour le jour par ces orateurs inspirés. « Nous avons fait appel au département de journalisme de l’Université de Neuchâtel. Les étudiants se répartiront par régions et par thèmes pour la lecture et le repérage dans les médias des phrases les plus percutantes », précise Grégory Liand.

 



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