Artistes et/ou designers mais surtout contemporains
ACDC. Non sans humour, c’est avec ce sigle évocateur de hard rockeurs ringards, que la Haute école d’art et de design (HEAD) et le Centre d’art contemporain de Genève lancent une réflexion sur les relations entre art contemporain et design contemporain aujourd’hui. Sauf qu’ici, l’éclair électrique qui sépare AC de DC (le groupe doit son nom à une inscription au dos d’une machine à coudre Singer, AC/DC signifiant alternating current/direct current), cet éclair donc, fait place a une formulation graphique en forme de coeurs. Faire-part de mariage entre art et design? Il faut rappeler que la HEAD est une nouvelle entité née il y a un an de la fusion (le mot est un peu tabou mais osons-le) entre l’Ecole supérieure des beaux-arts et la Haute école d’arts appliqués, Genève faisant jusqu’alors exception dans sa détermination à séparer les cursus d’apprentissage…
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« Pour plus de rigolade, jouez à saute-mouton »
Retour d’Afrique du Nord à la mi-août. Je quitte un pays où tout l’été les émigrés reviennent depuis l’autre côté de la Méditerranée montrer leur belle voiture à la famille et klaxonner dans les fêtes de mariage. Dans l’avion, les journaux que je feuillette évoquent l’arrestation d’immigrés subsahariens illégaux. A chacun ses exils, ses espoirs et ses peines. A mon arrivée à Genève, parmi mon millier de mails, plusieurs m’incitent à retourner à l’expéditeur le tous-ménages, visiblement perdu dans mon courrier postal, que l’UDC a fait parvenir à travers la Suisse (y compris aux étrangers ne bénéficiant pas du droit de vote…) afin de récolter des signatures pour son initiative visant à renvoyer les délinquants étrangers. A le retourner sans signature, juste pour faire payer les frais de port au parti de Blocher.
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Le scaphandre de Sophie Calle !
C’est une évidence qui n’a échappé à personne, dans nos métiers de communication, tout comme les cordonniers sont souvent mal chaussés, nous ne sommes pas toujours les meilleurs communicateurs quand il s’agit de nous. S’exprimer, non pas au nom des autres, non pas en médiateurs, non pas avec le prétexte de son métier, mais pour soi, voilà qui n’est pas toujours évident. Non pas qu’on soit forcément léger ou irresponsable avec les autres, mais c’est un fait, quand il s’agit de se livrer soi-même, il nous arrive de perdre nos moyens. Jean-Dominique Bauby était journaliste. Devenu rédacteur en chef du magazine «Elle», il devait plutôt être à l’aise en société. Mais aurait-il su parler de lui comme il l’a fait dans «Le Scaphandre et le Papillon», s’il ne s’était ainsi retrouvé prisonnier de son corps par le locked-in syndrôme…
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Conte d'image et de mort
«J’ai voulu une dernière fois être dans la même image que toi». C’est un fils qui dit cela à son père, en voix off. Sur l’image, on le voit caresser une dernière fois le corps, le visage de celui qui est mort, puis le contourner pour aller s’asseoir derrière lui. Ou plutôt au deuxième plan, puisqu’il s’agit ici de faire image. Le fils est un faiseur d’images. Un cinéaste. Claudio Pazienza a l’habitude de faire des documentaires en demandant à ses proches de se prêter à de petites scènes pour illustrer ses documentaires…
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Du journalisme comme art de la conversation
On aimerait parfois pouvoir croiser deux conversations tenues à quelques jours de distance.Un jour là, avec un homme de culture, un programmateur investi et généreux, qui se demande s’il ne serait pas plus utile à l’avancement du monde en s’impliquant plus directement dans la société. S’il ne devrait pas plutôt oeuvrer dans le social ou dans la politique pour améliorer le sort des gens…
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Monsieur Debray, Prenez du recul, pas du retard.
Voilà quelques temps, Régis Debray est passé à Genève pour donner une conférence. Il répondait au Forum Meyrin aux questions du directeur des lieux, Mathieu Menghini, sur cette colère qui l’avait pris au Festival d’Avignon 2005 et qui lui avait fait signer un petit livre pamphlétaire chez Flammarion: « Sur le Pont d’Avignon ». Et bien Régis Debray est toujours en colère.
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Cet art qui rend les voisines attrayantes
Jusqu’au 31 mars, une « Belle voisine » invite les Rhône-Alpins à faire sa connaissance. La dame en question, c’est la Suisse, présentée dans ses atours culturels les plus contemporains par Pro Helvetia, et accueillie par plusieurs dizaines de lieux culturels dans toute la région.
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Good Year, and Good Luck
Avez-vous déjà envoyé vos cartes de voeux? Au moment où j’écris ces lignes, la question paraît encore totalement saugrenue. Pourtant, dans les entreprises, y compris médiatiques, on a déjà choisi son modèle sans doute. Et je ne peux m’empêcher de penser à tous ceux qui, en ce moment, se dégomment alertement sur les ondes, dans les pages des journaux, sur le Net…
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Populaire ou popularisé?
Pro Helvetia veut réveiller la culture populaire. On avait plutôt compris que sa mission était d’élever le niveau. Une pointe d’ironie et déjà je vous parais bêcheuse? Il n’est pourtant pas question pour moi de simplement renvoyer d’une moue boudeuse les flonflons folkloriques du Kiosque à musique et de sa cousine télévisuelle La Boîte à musique, ni même Oncle Morisod ou encore les DJ d’ascenseurs qui se produisent dans les grandes parades estivales, pour ne parler que musique…
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Le tigre et le dragon
La Chine! Trouver un sujet sur la Chine! Voilà ce que me suggère ma rédactrice en chef. A moi qui suis en train de dévorer des pavés indiens, d’incroyables romans monde à la manière des Enfants de minuit de Salman Rushdie. Loin de Chandigar, terriblement charnel, premier roman d’un journaliste d’investigation, Tarun J. Tejpal. Et puis Le Grand Roman indien. Shashi Tharoor, charmant haut fonctionnaire onusien, aujourd’hui candidat au Secrétariat général, y a « fictionnisé », « mahabharatisé » l’histoire de l’indépendance indienne…
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Journalistes, et quoi encore ?
Pendant le festival, sur les terrasses d’Avignon, à l’heure du petit noir matinal comme au moment de l’apéro, impossible de rester un moment sans que la table ne se couvre peu à peu de publicités pour les spectacles du « off ». Ce sont les acteurs, les metteurs en scène eux-mêmes qui les ont posées, venant, les uns après les autres, dans une harangue pour l’ensemble de la terrasse, ou avec quelques mots en tête-à-tête à votre table, vanter l’originalité, la force, l’humour de leur production. Chaque jour, les troupes démarchent ainsi dans la cité, paradant parfois dans de lourds costumes inappropriés à la canicule, offrant un ou deux échantillons du spectacle, distribuant les flyers…
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Les marques exposent et s’exposent
C’est décidé, je pars à Paris pour l’Ascension. Zut, je ne peux pas prendre mon TGV avant d’avoir rendu ma chronique! Et j’erre de ci de là, entre une pile de magazines sur les expositions parisiennes et la feuille blanche. Et voilà que j’assiste à un étrange phénomène de vases communiquants. Comme si chaque exposition était aussi un sujet idéal pour ma chronique. Ainsi, «L’expérience de l’Inde» confronte des regards d’artistes indiens et français sur ce pays d’où, comme beaucoup d’autres avant moi, je ne suis pas tout à fait revenue, depuis mon séjour l’été dernier…
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Syriana contre Grounding
C’est le weekend de Pâques. Je regarde quelques films de Visions du réel pour préparer le festival: un adolescent japonais pense aux victimes d’Hiroshima, trois jeunes des banlieues françaises attendent leur jugement, des rescapés de Bam parlent à leurs morts… La force du propos plutôt que le choc des images. J’ai besoin d’un café. Justement, sur la table, George Clooney me regarde avec les yeux d’un complice en brigandage sensuel en demandant: «Nespresso: what else?»…
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Le film qui vous proclame qu'il est intéressant
Cela faisait dix jours que le film était sorti et deux bons mois que les articles pleuvaient pour nous assurer qu’il s’agissait là d’une révolution dans le cinéma helvétique -cinéma que certains critiques osaient au passage réduire une fois de plus à son ennuyeuse caricature. Cela faisait deux mois qu’un marketing d’enfer enchaînait parade soleuroise, interviews du producteur et du réalisateur, campagnes d’affichages et, pour couronner le tout, soirée spéciale à Genève avec Pascal Couchepin qui confirmait sa préférence de subventionneur pour une culture déjà assez populaire pour se passer de son aide…
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Où sont mes rêves d’enfant ?
Durant notre passage sur cette terre, et déjà auparavant, quand d’autres êtres nous imaginent, et peut-être après, quand nous restons dans quelques souvenirs, nous sommes inscrits dans mille et une histoires qui nous échappent peu ou prou. Tolstoï philosophe pendant des pages entières de Guerre et Paix sur le hiatus existant entre la liberté individuelle, qui fait que chacun « sent de tout son être qu’il peut à chaque instant accomplir ou ne pas accomplir tel acte », et l’appartenance de tout un chacun, et jusqu’au plus puissant souverain, à l’Histoire.
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Woody Allen fait de la pub pour Londres
Premiers jours de l’an à Londres. Je loge à Barons Court et passe tous les jours devant The Queen’s Club. Je vais guigner avec émotion derrière les grilles de ce grand club de tennis situé au milieu d’un vaste rectangle de petits immeubles de briques. Woody Allen y a tourné son dernier film, Match Point, petit bijou de cinématographie qui m’a mis le coeur à l’envers juste avant Noël. Dans la presse londonienne, j’ai retrouvé les mêmes avis que ceux exprimés par mes confrères romands. En tournant en Angleterre plutôt qu’à New York, Woody Allen a réussi son meilleur film depuis longtemps. Comme si Londres avait donné un nouveau souffle au réalisateur…
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